zurück
Kurzgeschichte Roman: Victor Hugo


  Zum Tode verurteilt - Condamné à mort!

114MB
113MB

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | 44 | 45 | 46 | 47 | 48 | 49

 

XLVIII

D'une chambre de l'Hôtel de Ville.
De l'Hôtel de Ville !... Ainsi j'y suis. Le trajet exécrable est fait. La place est là, et au-dessous de la fenêtre l'horrible peuple qui aboie, et m'attend, et rit.
J'ai eu beau me roidir, beau me crisper, le coeur m'a failli. Quand j'ai vu au-dessus des têtes ces deux bras rouges, avec leur triangle noir au bout, dressés entre les deux lanternes du quai, le coeur m'a failli. J'ai demandé à faire une dernière déclaration. On m'a déposé ici, et l'on est allé chercher quelque procureur du roi. Je l'attends, c'est toujours cela de gagné.
Voici. Trois heures sonnaient, on est venu m'avertir qu'il était temps. J'ai tremblé, comme si j'eusse pensé à autre chose depuis six heures,
depuis six semaines, depuis six mois. Cela m'a fait l'effet de quelque chose d'inattendu.
Ils m'ont fait traverser leurs corridors et descendre leurs escaliers. Ils m'ont poussé entre deux guichets du rez-de-chaussée, salle sombre, étroite, voûtée, à peine éclairée d'un jour de pluie et de brouillard. Une chaise était au milieu. Ils m'ont dit de m'asseoir ; je me suis assis.
Il y avait près de la porte et le long des murs quelques personnes debout, outre le prêtre et les gendarmes, et il y avait aussi trois hommes.
Le premier, le plus grand, le plus vieux, était gras et avait la face rouge. Il portait une redingote et un chapeau à trois cornes déformé. C'était lui.
C'était le bourreau, le valet de la guillotine. Les deux autres étaient ses valets, à lui.
À peine assis, les deux autres se sont approchés de moi, par-derrière, comme des chats, puis tout à coup j'ai senti un froid d'acier dans mes cheveux et les ciseaux ont grincé à mes oreilles.
Mes cheveux, coupés au hasard, tombaient par mèches sur mes épaules, et l'homme au chapeau à trois cornes les époussetait doucement avec sa grosse main. Autour, on parlait à voix basse.
Il y avait un grand bruit au-dehors, comme un frémissement qui ondulait dans l'air. J'ai cru d'abord que c'était la rivière ; mais, à des rires qui éclataient, j'ai reconnu que c'était la foule.
Un jeune homme, près de la fenêtre, qui écrivait, avec un crayon, sur un portefeuille, a demandé à un des guichetiers comment s'appelait ce qu'on faisait là.
-La toilette du condamné, a répondu l'autre. J'ai compris que cela serait demain dans le journal. Tout à coup l'un des valets m'a enlevé ma veste, et l'autre a pris mes deux mains qui pendaient, les a ramenées derrière mon dos, et j'ai senti les noeuds d'une corde se rouler lentement autour de mes poignets rapprochés.
En même temps, l'autre détachait ma cravate. Ma chemise de batiste, seul lambeau qui me restât du moi d'autrefois, l'a fait en quelque sorte hésiter un moment ; puis il s'est mis à en couper le col.
À cette précaution horrible, au saisissement de l'acier qui touchait mon cou, mes coudes ont tressailli, et j'ai laissé échapper un rugissement étouffé. La main de l'exécuteur a tremblé.
-Monsieur, m'a-t-il dit, pardon ! Est-ce que je vous ai fait mal ? Ces bourreaux sont des hommes très doux. La foule hurlait plus haut au-dehors.
Le gros homme au visage bourgeonné m'a offert à respirer un mouchoir imbibé de vinaigre.
-Merci, lui ai-je dit de la voix la plus forte que j'ai pu, c'est inutile ; je me trouve bien. Alors l'un d'eux s'est baissé et m'a lié les deux pieds, au moyen d'une corde fine et lâche, qui ne me laissait à faire que de petits pas.
Cette corde est venue se rattacher à celle de mes mains. Puis le gros homme a jeté la veste sur mon dos, et a noué les manches ensemble sous mon menton. Ce qu'il y avait à faire là était fait.
Alors le prêtre s'est approché avec son crucifix.
-Allons, mon fils, m'a-t-il dit. Les valets m'ont pris sous les aisselles. Je me suis levé, j'ai marché.
Mes pas étaient mous et fléchissaient comme si j'avais eu deux genoux à chaque jambe.
En ce moment la porte extérieure s'est ouverte à deux battants. Une clameur furieuse et l'air froid et la lumière blanche ont fait irruption jusqu'à moi dans l'ombre.
Du fond du sombre guichet, j'ai vu brusquement tout à la fois, à travers la pluie, les mille têtes hurlantes du peuple entassées pêle-mêle sur la rampe du grand escalier du Palais; à droite, de plain-pied avec le seuil, un rang de chevaux de gendarmes, dont la porte basse ne me découvrait que les pieds de devant et les poitrails ; en face, un détachement de soldats en bataille ; à gauche, l'arrière d'une charrette, auquel s'appuyait une roide échelle.
Tableau hideux, bien encadré dans une porte de prison. C'est pour ce moment redouté que j'avais gardé mon courage. J'ai fait trois pas, et j'ai paru sur le seuil du guichet.
-Le voilà ! le voilà ! a crié la foule. Il sort ! enfin !
Et les plus près de moi battaient des mains. Si fort qu'on aime un roi, ce serait moins de fête.
C'était une charrette ordinaire, avec un cheval étique, et un charretier en sarrau bleu à dessins rouges, comme ceux des maraîchers des environs de Bicêtre.
Le gros homme en chapeau à trois cornes est monté le premier.
-Bonjour, monsieur Samson ! criaient des enfants pendus à des grilles. Un valet l'a suivi. -Bravo, Mardi ! ont crié de nouveau les enfants. Ils se sont assis tous deux sur la banquette de devant.
C'était mon tour. J'ai monté d'une allure assez ferme. -Il va bien ! a dit une femme à côté des gendarmes. Cet atroce éloge m'a donné du courage. Le prêtre est venu se placer
auprès de moi.
On m'avait assis sur la banquette de derrière, le dos tourné au cheval. J'ai frémi de cette dernière attention. Ils mettent de l'humanité là-dedans.
J'ai voulu regarder autour de moi. Gendarmes devant, gendarmes derrière ; puis de la foule, de la foule, et de la foule ; une mer de têtes sur la place.
Un piquet de gendarmerie à cheval m'attendait à la porte de la grille du Palais.
L'officier a donné l'ordre. La charrette et son cortège se sont mis en mouvement, comme poussés en avant par un hurlement de la populace.
On a franchi la grille. Au moment où la charrette a tourné vers le Pont-au-Change, la place a éclaté en bruit, du pavé aux toits, et les ponts et les quais ont répondu à faire un tremblement de terre.
C'est là que le piquet qui attendait s'est rallié à l'escorte.
-Chapeaux bas ! chapeaux bas ! criaient mille bouches ensemble. -Comme pour le roi. Alors j'ai ri horriblement aussi, moi, et j'ai dit au prêtre : -Eux les chapeaux, moi la tête.
On allait au pas.
Le quai aux Fleurs embaumait ; c'est jour de marché. Les marchandes ont quitté leurs bouquets pour moi.
Vis-à-vis, un peu avant la tour carrée qui fait le coin du Palais, il y a des cabarets, dont les entresols étaient pleins de spectateurs heureux de leurs belles places, surtout des femmes. La journée doit être bonne pour les cabaretiers.
On louait des tables, des chaises, des échafaudages, des charrettes. Tout pliait de spectateurs. Des marchands de sang humain criaient à tue-tête :
-Qui veut des places ? Une rage m'a pris contre ce peuple. J'ai eu envie de leur crier : Qui veut la mienne ?
Cependant la charrette avançait. A chaque pas qu'elle faisait, la foule se démolissait derrière elle, et je la voyais de mes yeux égarés qui s'allait reformer plus loin sur d'autres points de mon passage.
En entrant sur le Pont-au-Change, j'ai par hasard jeté les yeux à ma droite en arrière. Mon regard s'est arrêté sur l'autre quai, au-dessus des maisons, à une tour noire, isolée, hérissée de sculptures, au sommet de laquelle je voyais deux monstres de pierre assis de profil. Je ne sais pourquoi j'ai demandé au prêtre ce que c'était que cette tour.
-Saint-Jacques-la-Boucherie, a répondu le bourreau.
J'ignore comment cela se faisait ; dans la brume, et malgré la pluie fine et blanche qui rayait l'air comme un réseau de fils d'araignée, rien de ce qui se passait autour de moi ne m'a échappé. Chacun de ces détails m'apportait sa torture. Les mots manquent aux émotions.
Vers le milieu de ce Pont-au-Change, si large et si encombré que nous cheminions à grand'peine, l'horreur m'a pris violemment. J'ai craint de défaillir, dernière vanité ! Alors je me suis étourdi moi-même pour être aveugle et pour être sourd à tout, excepté au prêtre, dont j'entendais à peine les paroles, entrecoupées de rumeurs.
J'ai pris le crucifix et je l'ai baisé. -Ayez pitié de moi, ai-je dit, ô mon Dieu ! Et j'ai tâché de m'abîmer dans cette pensée.
Mais chaque cahot de la dure charrette me secouait. Puis tout à coup je me suis senti un grand froid. La pluie avait traversé mes vêtements, et mouillait la peau de ma tête à travers mes cheveux coupés et courts.
-Vous tremblez de froid, mon fils ? m'a demandé le prêtre. -Oui, ai-je répondu. Hélas ! pas seulement de froid. Au détour du pont, des femmes m'ont plaint d'être si jeune.
Nous avons pris le fatal quai. Je commençais à ne plus voir, à ne plus entendre. Toutes ces voix, toutes ces têtes aux fenêtres, aux portes, aux grilles des boutiques, aux branches des lanternes ; ces spectateurs avides et cruels ; cette foule où tous me connaissent et où je ne connais personne ; cette route pavée et murée de visages humains... J'étais ivre, stupide, insensé.
C'est une chose insupportable que le poids de tant de regards appuyés sur vous. Je vacillais donc sur le banc, ne prêtant même plus d'attention au
prêtre et au crucifix.
Dans le tumulte qui m'enveloppait, je ne distinguais plus les cris de pitié des cris de joie, les rires des plaintes, les voix du bruit ; tout cela était une rumeur qui résonnait dans ma tête comme dans un écho de cuivre.
Mes yeux lisaient machinalement les enseignes des boutiques. Une fois, l'étrange curiosité me prit de tourner la tête et de regarder vers quoi j'avançais. C'était une dernière bravade de l'intelligence.
Mais le corps ne voulut pas ; ma nuque resta paralysée et d'avance comme morte.
J'entrevis seulement de côté, à ma gauche, au-delà de la rivière, la tour de Notre-Dame, qui, vue de là, cache l'autre. C'est celle où est le drapeau. Il y avait beaucoup de monde, et qui devait bien voir. Et la charrette allait, allait, et les boutiques passaient, et les enseignes se succédaient, écrites, peintes, dorées, et la populace riait et trépignait dans la boue, et je me laissais aller, comme à leurs rêves ceux qui sont endormis.
Tout à coup la série des boutiques qui occupait mes yeux s'est coupée à l'angle d'une place ; la voix de la foule est devenue plus vaste, plus glapissante, plus joyeuse encore ; la charrette s'est arrêtée subitement, et j'ai failli tomber la face sur les planches. Le prêtre m'a soutenu.
-Courage ! a-t-il murmuré. Alors on a apporté une échelle à l'arrière de la charrette ; il m'a donné le bras, je suis descendu, puis j'ai fait un pas, puis je me suis retourné pour en faire un autre, et je n'ai pu.
Entre les deux lanternes du quai, j'avais vu une chose sinistre. Oh ! c'était la réalité ! Je me suis arrêté, comme chancelant déjà du coup. -J'ai une dernière déclaration à faire ! ai-je crié faiblement.
On m'a monté ici.
J'ai demandé qu'on me laissât écrire mes dernières volontés. Ils m'ont délié les mains, mais la corde est ici, toute prête, et le reste est en bas.
 

XLVIII

Aus dem Hôtel de Ville! So bin ich dahin gekommen. Der schreckliche Weg ist gemacht. Unten ist der Platz und unterhalb des Fensters bellt die schreckliche Meute, wartet auf mich und lacht.
Wie sehr ich mich auch zusammen nehme, mich beherrsche, das Herz gehorchte mir nicht. Als ich über den Köpfen diese beiden roten Arme sehe, mit der schwarzen Triangel am Ende, aufgestellt zwischen zwei Laternen des Kais, verlor ich allen Mut. Ich verlangte eine letzte Erklärung abzugeben. Daraufhin hatte man mich hierher geführt und ließ nach dem königlichen Staatsanwalt suchen. Ich wartete auf ihn. Das immerhin habe ich gewonnen.
Hier der Bericht: Es schlug drei Uhr und man kam mir mitzuteilen, dass es Zeit wäre. Ich zitterte, als hätte ich seit sechs Stunden, sechs Wochen, sechs Monaten an etwas anderes gedacht. Es schien mir, als ob es sich um etwas Unerwartetes handeln würde.
Sie ließen mich durch ihre Korridore gehen und die Treppen hinabsteigen, stießen mich durch zwei Pforten im Erdgeschoss, eine düsterer Raum, eng, mit einer Wölbung, an diesem nebligen Regentag kaum erleuchtet. Ein Stuhl befand sich in der Mitte des Raumes. Ich setzte mich.
In der Nähe der Tür entlang der Mauer standen einige Leute, außer dem Priester und den Gendarmen, noch drei weitere Personen.
Der erste, der Größte und Älteste, war fett, mit einem roten Gesicht. Er trug einen Gehrock und einen zerbeulten dreispitzigen Hut. Das war er.
Das war der Henker, der Knecht der Guillotine. Die zwei anderen waren seine Knechte.
Kaum saß ich, näherten sich mir die anderen zwei, von hinten, wie Katzen, dann plötzlich, fühlte ich einen kalten Stahl durch meine Haare gleiten und die Scheren knirschten in meinen Ohren. Meine Haare, ohne System abgeschnitten, fielen büschelweise auf meine Schultern, und der Mann mit dem dreispitzigen Hut klopfte sie mit seiner groben Hand sanft ab.
Um uns herum sprach man mit leiser Stimme.
Draußen hörte man einen gewaltigen Lärm, wie ein Zitternd, dass durch die Luft schwingt. Ich glaubte zuerst es sei der Fluss. Aber an dem ausbrechenden Gelächter erkannte ich, dass es die Menge war.
Ein junger Mann, in der Nähe des Fensters, der mit einem Stift auf einem Blatt Papier schrieb, fragte einen der Gefängnishüter, wie man das nenne, was man jetzt mit mir mache.
„Die Toilette des Verurteilten“, antwortete der andere.
Mir war klar, dass dies morgen in der Zeitung stehen würde. Plötzlich zog mir einer der Knechte meine Weste aus, während der andere meine herunterhängenden Hände nahm und sie hinter meinem Rücken zusammenführte. Ich spürte die Knoten eines Strickes, die sich langsam um meine aufeinanderliegenden Handgelenke wickelten.
Gleichzeitig löste der andere meine Krawatte. Mein Hemd aus feinem Batist, das einzige, was mir von meinem früheren ich noch verblieben war, hatte ihn einen Moment zögern lassen. Dann machte er sich daran, dessen Kragen abzuschneiden.
Bei dieser Vorsichtsmaßnahme, als das Eisen meinen Hals berührte, erzitterten meine Ellbogen und es entfuhr mir ein dumpfer Schrei.
Die Hand des Henkers erzitterte.
„Mein Herr“, sagte er zu mir, „Verzeihung! Habe ich Ihnen weh getan?“ Diese Henker sind sehr sanfte Menschen. Die Menge schrie noch lauter.
Der grobschlächtige Mann mit dem pickeligen Gesicht bot mir ein in Essig getränktes Taschentuch an.
„Danke“, sagt ich ihm mit der kräftigsten Stimme, die mir zur Verfügung stand, „das ist nicht nötig, es geht mir gut.“ Dann beugte sich einer von ihnen hinab und band mir, mit einem dünnen Seil die Beine lose zusammen, so dass ich nur noch mit kleinen Schritten voranschreiten konnte.
Diese Schnur wurde dann mit der meiner Arme verbunden. Dann warf der grobschlächtige Mann die Weste über meine Schultern und verknüpfte die Ärmel unter meinem Kinn. Das, was hier zu tun war, war getan. Der Priester näherte sich, mit seinem Kruzifix.
„Es geht los“, mein Sohn, sagte er.
Die Knechte fassten mich unter die Achseln. Ich erhob mich, lief. Meine Beine waren flau und bogen sich, ganz so als hätte ich zwei Knie an jedem Bein.
In diesem Moment öffneten sich beide Flügel der Außentür. Ein betäubender Lärm, die kalte Luft und das weiße Licht drangen bis in die Tiefe des Zimmers, wo ich mich befand.
Aus der Dunkelheit des Schalters, sah ich plötzlich, durch den Regen, die Tausend schreienden Köpfe der Menge, wirr zusammengepfercht auf der Rampe der großen Treppe des Palastes. Rechts, auf gleicher Höhe wie die Schwelle, eine Reihe Polizeipferde, von denen ich durch die niedrige Tür nur die Vorderfüße und die Brust sehen konnte. Gegenüber eine Abordnung von Soldaten der Armee. Links, der hintere Teil einer Karre, an die eine steile Leiter gelehnt war.
Ein schreckliches Bild, wohl eingerahmt durch die Tür eines Gefängnisses. Für diesen gefürchteten Moment hatte ich meinen ganzen Mut aufbewahrt. Ich machte drei Schritte und gelangte an die Schwelle der Pforte.
„Da ist er! Da ist er!“, schrie die Menge. „Er kommt heraus! Endlich!“
Die, die mir am nächsten standen, klatschten in die Hände. Egal wie groß die Verehrung, die man für einen König empfindet, die Feier wird geringer sein.
Es war eine gewöhnliche Karre mit einem abgezehrten Gaul davor, einem Kutscher in einem blauen Bauernkittel mit rotem Muster, wie die der Gemüsehändler aus der Gegend von Bicêtre.
Der grobschlächtige Mann mit dem dreispitzigen Hut stieg als erster ein. „Hallo Herr Samson!“, schrieen die Kinder, die an den Gittern hingen.
Ein Knecht folgte ihm.
„Bravo Mardi“, schrieen die Kinder.
Sie setzten sich beide auf die vordere Bank.
Nun war ich an der Reihe. Ich stieg ein und versuchte Fassung zu zeigen.
„Er macht sich gut!“, sagte eine Frau neben den Gendarmen. Dieses schreckliche Lob machte mir Mut. Der Priester kam und setzte sich neben mich.
Man hatte mich auf die hintere Bank gesetzt, den Rücken dem Pferd zugewendet.
Diese letzte Aufmerksamkeit ließ mich erzittern.
Sie noch Menschlichkeit bei ihrem tun.
Ich wollte um mich schauen. Gendarme hinten, Gendarme vorne. Dann die Menge, die Menge und die Menge. Ein Meer von Köpfen erfüllte den Platz.
Ein Zug von Gendarmen zu Pferde erwartete mich am Tor des Gatters des Palastes.
Der Offizier gab Befehl. Die Karre und sein Gefolge setzten sich in Marsch, wie als ob sie durch das Geschrei der Meute vorangetrieben würden.
Man überquerte das Gatter. In dem Moment, in dem sich die Karre in Richtung des Pont – au Change bewegte, begann der Platz zu toben, vom Pflaster bis zu den Dächern und die Brücken und die Kais antworteten mit einem Erdbeben.
In diesem Moment schloss sich der Posten, der gewartet hatte, der Eskorte an.
„Runter mit dem Hut! Runter mit dem Hut!“, schrieen tausend Stimmen. Als ob es der König wäre. Da entfuhr auch mir ein schreckliches Lachen und ich sagte zu dem Priester:
„Ihren Hut, und meinen Kopf.“
Man ging im Schritttempo.
Das Kai mit den Blumenständen duftete. Es war Markttag. Die Händler hatten ihre Blumensträuße meinetwegen verlassen. Gegenüber, nur kurz vor der viereckigen Turm, der den Palast flankiert, gab es Weinstuben, deren Zwischengeschosse mit angefüllt waren mit Menschen, die sich über ihre schönen Plätze freuten. Vor allem die Frauen. Das musste ein guter Tag für die Schankwirte gewesen sein.
Man mietete Tisches, Stühle, Gerüste, Karren. Alles bog sich unter der Last der Zuschauer. Händler , die mit menschlichem Blut handelten schrieen mit aller Kraft:
„Wer sucht einen Platz?“. Wut gegen diese Meute ergriff mich. Ich hatte Lust ihnen „wer will meinen“ zuzurufen.
Unterdessen bewegte sich die Karre voran. Mit jedem Schritt, denn sie machte, begann die Menge den Platz hinter ihr aufzufüllen. Mit meinen umherirrenden Augen sah ich, dass sie sich an anderen Punkten meines Weges wieder neu formierte.
Als wir auf der Brücke Pont-au-Change ankamen, richtete ich meine Augen nach hinten rechts. Mein Blick blieb an dem schwarzen Turm auf dem anderen Kai, der die Häuser überragte hängen, isoliert, gespickt mit Figuren, auf dessen Spitze ich zwei Monster aus Stein im Profil sah. Ich weiß nicht warum ich den Priester fragte, was das sei, da auf dem Turm.
„Saint – Jaques – la Boucherie“, antwortete der Henker.
Ich weiß nicht, wie das zustande kam. In dem Nebeldunst und trotz des feinen und weißen Regens der durch die Luft fegte wie die Fäden eines Spinnennetzes, entging mir nichts von dem, was um mich herum geschah. Jedes dieser Details brachte seine Qualen. Die Gefühle zu beschreiben fehlen mir die Worte.
Etwa in der Mitte der Brücke Pont – au- Change, so lang und so verstopft, dass wir kaum vorwärts kommen, erfasste mich wieder das Grauen.
Ich fürchtete, ohnmächtig zu werden. Eine letzte Eitelkeit! Ich benebelte mich selbst, um blind und taub zu sein, nichts mehr zu sehen und zu hören außer dem Priester, dessen Worte, durch den Lärm auseinandergerissen, ich kaum noch vernahm.
Ich nahm das Kruzifix und küsste es.
„Gewähren Sie mir ihre Gnade“, sagte ich zu meinem Gott! In diesen Gedanken versuchte ich mich zu versenken. Jede Erschütterung der harten Kutsche jedoch schüttelte mich durch. Plötzlich durchrieselte mich ein Schauer. Der Regen hatte meine Kleidung durchdrungen, Wasser war durch meine abgeschnittenen und kurzen Haare gedrungen.
„Sie zittern vor Kälte, mein Sohn?“ fragte mich der Priester.
„Ja“, antwortete ich.
Aber nicht nur! Nicht nur aufgrund der Kälte. An der Biegung der Pont – au – Change bedauerten mich die Frauen aufgrund meiner Jugend.
Wir hatten den völlig falschen Kai erwischt. Ich sah nichts mehr, verstand nichts mehr. All diese Stimmen, diese Köpfe am Fenster, in den Türen, an den Gitter der Läden, an den Laternen, all diese gierigen und grausamen Zuschauer. Diese Menge, die mich kannte, ich aber niemanden. Diese gepflasterte Straße, die wie von einer aus Gesichtern errichteten Mauer gesäumt war… Ich war betrunken, abgestumpft, nicht mehr bei Sinnen.
Unerträglich ist das Gewicht so vieler auf einen gerichteter Blicke. Ich schwankte auf meinem Sitz, achtete auch nicht mehr auf den Priester und das Kruzifix.
In dem Tumult, der mich umgab, unterschied ich nicht mehr zwischen den Schreien des Mitleids und denen der Freude, unterschied nicht mehr zwischen Lachen und Klagen, Stimmen und Lärm. All dass war nur noch ein einziger Lärm, der in meinem Kopf dröhnte wie in einem Resonanzraum aus Kupfer.
Mechanisch lassen meine Augen die Inschriften der Geschäfte. Einmal noch veranlasste mich die merkwürdige Neugierde den Kopf zu drehen und in die Richtung zu schauen, in die ich mich bewegte. Ein letztes Aufbäumen der Intelligenz. Aber der Körper gehorchte nicht, mein Nacken war unbeweglich und schon vorher wie tot.
Seitlich, zu meiner Linken, jenseits des Flusses, erspähte ich den Turm von Notre-Dame, der aus diesem Blickwinkel heraus den anderen verdeckte. Jener Turm ist es, der beflaggt ist. Auch dort waren viele Menschen, die wohl alles genau sahen.
Die Karre kam voran, voran und die Geschäfte zogen vorbei, die Schilder, mit Schriftzügen versehen oder bemalt, vergoldet. Die Meute lachte und stapfte im Schlamm. Ich ließ mich gehen, wie es die Schlafenden tun, wenn sie träumen.
Plötzlich ward die Kette an Geschäften, an der meine Augen haftete, an der Ecke eines Platzes unterbrochen, das Stimmengewirr der Menge dehnte sich aus, kreischender, noch fröhlicher. Plötzlich hielt die Kutsche. Ich wäre fast mit dem Gesicht auf die Planken gefallen.
„Nur Mut!“, murmelte er.
Man brachte nun eine Leiter ans Ende der Karre. Er gab mir den Arm, ich stieg hinab, machte einen Schritt vorwärts, lehnte mich zurück, um noch einen zu machen. Es war mir nicht möglich.
Zwischen den zwei Laternen des Kais hatte ich etwas unheilversprechendes gesehen. Das ist die Wahrheit!
Ich blieb wie angewurzelt stehen, ganz so, als ob der Stoß mich schon hätte wanken lassen.
„Ich möchte noch etwas sagen!“, schrie ich mit schwacher Stimme.Man hat mich hierher gebracht.
Ich bat sie mir zu gewähren, meinen letzten Willen niederzuschreiben. Sie lösten mir die Hände, aber der Strick ist noch da, bereit, und der Rest ist unten.


zurück
Kurzgeschichte Roman: Victor Hugo

Kontakt Impressum Datenschutz