zurück
Kurzgeschichte Roman: Victor Hugo


  Zum Tode verurteilt - Condamné à mort!

114MB
113MB

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | 44 | 45 | 46 | 47 | 48 | 49

 

XXXIV

Une heure vient de sonner. Je ne sais laquelle ; j'entends mal le marteau de l'horloge. Il me semble que j'ai un bruit d'orgue dans les oreilles ; ce sont mes dernières pensées qui bourdonnent.
À ce moment suprême où je me recueille dans mes souvenirs, j'y retrouve mon crime avec horreur ; mais je voudrais me repentir davantage encore. J'avais plus de remords avant ma condamnation ; depuis, il semble qu'il n'y ait plus de place que pour les pensées de mort. Pourtant, je voudrais bien me repentir beaucoup.
Quand j'ai rêvé une minute à ce qu'il y a de passé dans ma vie, et que j'en reviens au coup de hache qui doit la terminer tout à l'heure, je frissonne comme d'une chose nouvelle. Ma belle enfance ! ma belle jeunesse ! étoffe dorée dont l'extrémité est sanglante. Entre alors et à présent, il y a une rivière de sang, le sang de l'autre et le mien.
Si on lit un jour mon histoire, après tant d'années d'innocence et de bonheur, on ne voudra pas croire à cette année exécrable, qui s'ouvre par un crime et se clôt par un supplice ; elle aura l'air dépareillée.
Et pourtant, misérables lois et misérables hommes, je n'étais pas un méchant !
Oh ! mourir dans quelques heures, et penser qu'il y a un an, à pareil jour, j'étais libre et pur, que je faisais mes promenades d'automne, que j'errais sous les arbres, et que je marchais dans
 

XXXIV

Es hatte gerade 1 Uhr geschlagen. Ich weiß nicht welche. Ich höre nur schlecht den Hammer der Ohr. Es schien, dass ich einen Orgelgedröhne in den Ohren hatte. Meine letzten Gedanken summten.
In diesem erhabenen Augenblick, wo ich mich in meine Gedanken vertiefte, fand ich auch vor Schreck erstarrend mein Verbrechen wieder. Aber ich hätte mir gewünscht, dass ich noch mehr bedauere. Ich hatte vor meiner Verurteilung mehr Gewissensbisse als danach. Danach, so schien es, war nur noch Platz für die Gedanken an den Tod. Ich wollte jedoch noch mehr bereuen.
Als ich eine Minute lang im Traum mein Leben habe Revue passieren lassen und dann zu dem Axthieb zurückkam, der es bald beenden wird, erschauderte ich wie wenn vor etwas Neuem. Meine schöne Kindheit ! Meine schöne Jugend! Goldener Stoff, am Ende blutig ausfransend. Zwischen damals und heute, ein blutiger Strom, das Blut des anderen und meines.
Wird man eines Tages meine Geschichte lesen, wird man nicht glauben, dass nach sovielen Jahren der Unschuld und des Glücks, ein so schreckliches folgte, es wird so unwahrscheinlich erscheinen. Dennoch, schreckliche Gesetze und schreckliche Menschen, ich war kein Bösewicht!
In wenigen Stunden sterben und daran denken, dass ich noch vor einem Jahr, an einem ähnlichen Tag frei und unbelastet war, im Herbst spazieren ging, unter den Bäumen umherrschritt und durch die
Blätter ging!


zurück
Kurzgeschichte Roman: Victor Hugo

Kontakt Impressum Datenschutz