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Kurzgeschichte Roman: Victor Hugo

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  Zum Tode verurteilt - Condamné à mort!


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XXX

Le prêtre est revenu. Il a des cheveux blancs, l'air très doux, une bonne et respectable figure; c'est en effet un homme excellent et charitable. Ce matin, je l'ai vu vider sa bourse dans les mains des prisonniers.
D'où vient que sa voix n'a rien qui émeuve et qui soit ému ? D'où vient qu'il ne m'a rien dit encore qui m'ait pris par l'intelligence ou par le coeur ?
Ce matin, j'étais égaré. J'ai à peine entendu ce qu'il m'a dit. Cependant ses paroles m'ont semblé inutiles, et je suis resté indifférent ; elles ont glissé comme cette pluie froide sur cette vitre glacée. Cependant, quand il est rentré tout à l'heure près de moi, sa vue m'a fait du bien. C'est parmi tous ces hommes le seul qui soit encore homme pour moi, me suis-je dit. Et il m'a pris une ardente soif de bonnes et consolantes paroles.
Nous nous sommes assis, lui sur la chaise, moi sur le lit. Il m'a dit : -Mon fils... Ce mot m'a ouvert le coeur. Il a continué : -Mon fils, croyez-vous en Dieu ? -Oui, mon père, lui ai-je répondu. -Croyez-vous en la sainte église catholique, apostolique et romaine ? -Volontiers, lui ai-je dit. -Mon fils, a-t-il repris, vous avez l'air de douter.
Alors il s'est mis à parler. Il a parlé longtemps ; il a dit beaucoup de
paroles ; puis, quand il a cru avoir fini, il s'est levé et m'a regardé pour la première fois depuis le commencement de son discours, en m'interrogeant : -Eh bien ? Je proteste que je l'avais écouté avec avidité d'abord, puis avec attention, puis avec dévouement. Je me suis levé aussi. -Monsieur, lui ai-je répondu, laissez-moi seul, je vous prie. Il m'a demandé : -Quand reviendrai-je ? -Je vous le ferai savoir. Alors il est sorti sans colère, mais en hochant la tête, comme se disant à lui-même : Un impie !
Non, si bas que je sois tombé, je ne suis pas un impie, et Dieu m'est témoin que je crois en lui. Mais que m'a-t-il dit, ce vieillard ? Rien de senti, rien d'attendri, rien de pleuré, rien d'arraché de l'âme, rien qui vînt de son coeur pour aller au mien, rien qui fût de lui à moi.
Au contraire, je ne sais quoi de vague, d'inaccentué, d'applicable à tout et à tous ; emphatique où il eût été besoin de profondeur, plat où il eût fallu être simple ; une espèce de sermon sentimental et d'élégie théologique. Çà et là, une citation latine en latin. Saint Augustin, saint Grégoire, que sais-je ?
Et puis il avait l'air de réciter une leçon déjà vingt fois récitée, de repasser un thème, oblitéré dans sa mémoire à force d'être su. Pas un regard dans l'oeil, pas un accent dans la voix, pas un geste dans les mains.
Et comment en serait-il autrement ? Ce prêtre est l'aumônier en titre de la prison. Son état est de consoler et d'exhorter, et il vit de cela. Les forçats, les patients sont du ressort de son éloquence.
Il les confesse et les assiste, parce qu'il a sa place à faire. Il a vieilli à mener des hommes mourir. Depuis longtemps il est habitué à ce qui fait frissonner les autres ; ses cheveux, bien poudrés à blanc, ne se dressent plus ; le bagne et l'échafaud sont de tous les jours pour lui. Il est blasé.
Probablement il a son cahier ; telle page les galériens, telle page les condamnés à mort. On l'avertit la veille qu'il y aura quelqu'un à consoler le lendemain à telle heure ; il demande ce que c'est, galérien ou supplicié, et relit la page ; et puis il vient. De cette façon, il advient que ceux qui vont à Toulon et ceux qui vont à la Grève sont un lieu commun pour lui, et qu'il est un lieu commun pour eux.
Oh ! qu'on m'aille donc, au lieu de cela, chercher quelque jeune vicaire, quelque vieux curé, au hasard, dans la première paroisse venue ; qu'on le prenne au coin de son feu, lisant son livre et ne s'attendant à rien, et qu'on lui dise :
-Il y a un homme qui va mourir, et il faut que ce soit vous qui le consoliez. Il faut que vous soyez là quand on lui liera les mains, là quand on lui coupera les cheveux ; que vous montiez dans sa charrette avec votre crucifix pour lui cacher le bourreau ; que vous soyez cahoté avec lui par le pavé jusqu'à la Grève ; que vous traversiez avec lui l'horrible foule buveuse de sang ; que vous l'embrassiez au pied de l'échafaud, et que vous restiez jusqu'à ce que la tête soit ici et le corps là.
Alors, qu'on me l'amène, tout palpitant, tout frissonnant de la tête aux pieds ; qu'on me jette entre ses bras, à ses genoux ; et il pleurera, et
nous pleurerons, et il sera éloquent, et je serai consolé, et mon coeur se dégonflera dans le sien, et il prendra mon âme, et je prendrai son Dieu.
Mais ce bon vieillard, qu'est-il pour moi ? que suis-je pour lui ? Un individu de l'espèce malheureuse, une ombre comme il en a déjà tant vu, une unité à ajouter au chiffre des exécutions.
J'ai peut-être tort de le repousser ainsi ; c'est lui qui est bon et moi qui suis mauvais. Hélas ! ce n'est pas ma faute. C'est mon souffle de condamné qui gâte et flétrit tout.
On vient de m'apporter de la nourriture ; ils ont cru que je devais avoir besoin. Une table délicate et recherchée, un poulet, il me semble, et autre chose encore. Eh bien ! j'ai essayé de manger ; mais, à la première bouchée, tout est tombé de ma bouche, tant cela m'a paru amer et fétide !
 

XXX

Der Priester ist zurückgekommen.
Er hat weiße Haare, ein sanftes Wesen, ist eine guter und ehrbarer Mensch, ist wirklich ein herausragender und bamherziger Mann. Ich sah in diesen Morgen, seinen Geldbeutel auschütten in die Hände der Gefangenen.
Wie kann es sein, dass in seiner Stimme nichts ist, das mich rührt oder bewegt? Wie kommt es, dass er noch nichts gesagt hat, dass meinen Intellekt oder mein Herz überzeugt hätte?
Heute morgen war ich abgelenkt. Ich habe kaum verstanden, was er mir gesagt hat. Seine Worte schienen mir jedoch unnütz, berührten mich nicht. Sie glitten vorüber wie dieser kalte Regen auf dieser eisigen Scheibe. Jetzt jedoch, taten mir sein Einblick wohl, als er hereintrat. Unter allen Menschen, sagte ich mir, ist er der einzige, der für mich noch ein Mensch ist. Und ich dürstete nach guten und tröstlichen Worten.
Wir setzten uns, er auf den Stuhl, ich auf das Bett. Er sagte zu mir: „Mein Sohn“, dieses Wort öffnete mein Herz. Er fuhr fort:
„Mein Sohn, glaubst du an Gott?“
„Ja mein Vater“, antwortete ich ihm.
„Glaubst du an heilige, katholische Kirche, apostolisch und römisch?“
„Sicher doch“, antwortete ich.
„Mein Sohn“, fuhr er fort, „es hat den Anschein, dass du zweifelst.“
Er begann zu sprechen. Sprach lange. Sagte viele Worte. Dann, als er meinte fertig zu sein, erhob er sich und betrachtete mich, eine Frage an mich richtend, zum ersten Mal seit er mit seiner Rede angefangen hatte.
"Nun? Ich entgegnete, dass ich ihm anfangs gierig zuhörte, dann aufmerksam, dann hingebungsvoll. Auch ich erhob mich. "Mein Herr", antwortete ich ihm, "lassen sie mich alleine. "Wann soll ich wiederkommen?" "Ich werde es Sie wissen lassen." Daraufhin ging er weg, ohne Zorn, den Kopf schüttelnd, ganz als ob er zu sich selber sagen wollte: Ein Ungläubiger!
Nein, wie tief ich auch gefallen sein mag, ich bin kein Ungläubiger, und Gott ist mein Zeuge, dass ich an ihn glaube. Aber was hatte dieser Alte mir gesagt? Viel oft Gehörtes, nichts Ergreifendes, nichts, was einen hätte weinen lassen, nichts, was, wie aus der Seele herausgerissen war, nichts, was aus seinem Herzen kam und in meines hätte fließen können, nichts, an dem wir beide hätten Anteil nehmen können.
Ganz im Gegenteil. Es war vage, allgemein gehalten, auf alles und alle anwendbar. Emphatisch, wo Tiefe gefragt war, flach, wo man hätte einfach sein müssen. Eine Art sentimentale Predigt und theologisches Klagelied. Hier und da ein lateinisches Zitat, dass auch tatsächlich auf lateinisch zitiert wurde. Der heilige Augustin, Sant Georg, und was weiß ich?
Es hatte den Anschein, als ob er einen Vortrag runterasselte, wie er es schon zwanzig mal gemacht hatte. Ein Thema durchzugehen, dass, weil auswendig gelernt, in seinem Geist schon entwertet war. Nicht ein Blick in meine Augen, ein Akzent in seiner Stimme, eine Geste seiner Hände.
Und wie könnte es anders sein? Dieser Priester ist der diensthabende Gefängnispfarrer. Seine Aufgabe ist zu trösten und zu mahnen, davon lebt er. Die Sträflinge, die Patienten sind der Aufgabenbereich seiner Sprachgewandheit.
Er nimmt ihnen die Beiche ab und steht ihnen bei, weil das sein Beruf ist. Er hat sein Leben damit verbracht, Menschen auf ihrem Weg in den Tod zu begleiten. Seit langem schon ist er an das gewöhnt, was andere erschauern lässt. Seine Haare, weiß gepudert, richten sich nicht mehr auf. Das Zuchthaus und das Schafott sind für ihn etwas alltägliches. Er ist gleichgültig.
Vielleicht führt er Buch. Auf der einen Seite die Galeerensträflinge, auf der anderen die zum Tode verurteilten. Am Abend vorher teilt man ihm mit, dass es am nächsten Tag jemand zu trösten ist. Er fragt, um was es sich handelt, um einen Galeerensträfling oder einen zum Tode verurteilten? Man schaut nochmal nach. Dann kommt er. So geschieht es, dass die, die nach Toulouse gehen und jene, die nach La Grève gehen für ihn das Gleiche sind und er wiederum das Gleiche für sie.
Wenn man doch, anstatt ihm, mir einen jungen Vikar suchen würde, einen alten Pfarrer, zufällig ausgesucht auf der erst besten Pfarrei, von dem Feuer, vor dem er in ein Buch vertieft saß, weg, ohne jede Vorankündigung und man ihm sage:
„Ein junger Mann wird sterben, Sie sind es, der ihn trösten soll. Sie sollen da sein, wenn man ihm die Hände bindet, wenn man ihm die Haare schneidet. Sie sollen mit ihrem Kreuz in seine Kutsche steigen um so den Henker vor ihm zu verbergen. Sie sollen mit ihm zusammen durchgerüttelt werden auf dem Pflaster bis nach Grève. Sie sollen mit ihm die blutrünstige Menge durchkreuzen, sollen ihn an der Schwelle des Schafotts umarmen, sollen da bleiben, bis der Kopf hier und der Körper da ist.
Man führe in her, am ganzen Körper zitternd, frierend von Kopf bi s Fuß. Man möge mich in seine Arme werfen, zu seinen Knien. Und er wird weinen, wir werden weinen, er wird redegewandt sein und ich werde getröstet sein, mein Herz wird sich an seinem ausschütten, er wird meine Seele und ich Gott nehmen.
Aber dieser gute alte, was bedeutet er mir? Ich ihm? Ein Mensch der unglücklichen Art, ein Schatten wie er schon viele gesehen hat, eine Nummer mehr, die es zu der Anzahl an Exekutionen hinzuzufügen gilt.
Vielleicht hab ich Unrecht, ihn so zurückzustoßen. Er ist gut und ich bin böse. Was soll‘ s? Es ist nicht mein Fehler. Es ist mein Atem eines Verdammten, der alles verdirbt und verblühen lässt.
Man kam, um mir Nahrung zu bringen. Sie glaubten, dass ich derer bedürfe. Eine wohlzubereiteter und raffinierte Speise, ein Huhn und, so glaube ich, noch etwas anderes. Ich versuchte also zu essen, aber schon beim ersten Bissen, fiel mir alles aus dem Mund, so bitter und übelriechend erschien mir alles.


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