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Kurzgeschichte Roman: Victor Hugo


  Zum Tode verurteilt - Condamné à mort!

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XXII

De la Conciergerie.
Me voici transféré, comme dit le procès-verbal. Mais le voyage vaut la peine d'être conté. Sept heures et demie sonnaient lorsque l'huissier s'est présenté de nouveau au seuil de mon cachot.
-Monsieur, m'a-t-il dit, je vous attends. -Hélas ! lui et d'autres ! Je me suis levé, j'ai fait un pas ; il m'a semblé que je n'en pourrais faire un second, tant ma tête était lourde et mes jambes faibles.
Cependant je me suis remis et j'ai continué d'une allure assez ferme. Avant de sortir du cabanon, j'y ai promené un dernier coup d'oeil. -Je l'aimais, mon cachot. -Puis, je l'ai laissé vide et ouvert ; ce qui donne à un cachot un air singulier.
Au reste, il ne le sera pas longtemps. Ce soir on y attend quelqu'un, disaient les porte-clefs, un condamné que la cour d'assises est en train de faire à l'heure qu'il est. Au détour du corridor, l'aumônier nous a rejoints. Il venait de déjeuner. Au sortir de la geôle, le directeur m'a pris affectueusement la main, et a renforcé mon escorte de quatre vétérans.
Devant la porte de l'infirmerie, un vieillard moribond m'a crié : Au revoir !
Nous sommes arrivés dans la cour. J'ai respiré ; cela m'a fait du bien. Nous n'avons pas marché longtemps à l'air. Une voiture attelée de chevaux de poste stationnait dans la première cour ; c'est la même voiture qui m'avait amené ; une espèce de cabriolet oblong, divisé en deux sections par une grille transversale de fil de fer si épaisse qu'on la dirait tricotée.
Les deux sections ont chacune une porte, l'une devant, l'autre derrière la carriole. Le tout si sale, si noir, si poudreux, que le corbillard des pauvres est un carrosse du sacre en comparaison.
Avant de m'ensevelir dans cette tombe à deux roues, j'ai jeté un regard dans la cour, un de ces regards désespérés devant lesquels il semble que les murs devraient crouler. La cour, espèce de petite place plantée d'arbres, était plus encombrée encore de spectateurs que pour les galériens. Déjà la foule !
Comme le jour du départ de la chaîne, il tombait une pluie de la saison, une pluie fine et glacée qui tombe encore à l'heure où j'écris, qui tombera sans doute toute la journée, qui durera plus que moi.
Les chemins étaient effondrés, la cour pleine de fange et d'eau. J'ai eu plaisir à voir cette foule dans cette boue.
Nous sommes montés, l'huissier et un gendarme, dans le compartiment de devant ; le prêtre, moi et un gendarme dans l'autre. Quatre gendarmes à cheval autour de la voiture. Ainsi, sans le postillon, huit hommes pour un homme. Pendant que je montais, il y avait une vieille aux yeux gris qui disait : -J'aime encore mieux cela que la chaîne.
Je conçois. C'est un spectacle qu'on embrasse plus aisément d'un coup d'oeil, c'est plus tôt vu. C'est tout aussi beau et plus commode. Rien ne vous distrait. Il n'y a qu'un homme, et sur cet homme seul autant de misère que sur tous les forçats à la fois. Seulement cela est moins éparpillé ; c'est une liqueur concentrée, bien plus savoureuse.
La voiture s'est ébranlée. Elle a fait un bruit sourd en passant sous la voûte de la grande porte, puis a débouché dans l'avenue, et les lourds battants de Bicêtre se sont refermés derrière elle. Je me sentais emporté avec stupeur, comme un homme tombé en léthargie qui ne peut ni remuer ni crier et qui entend qu'on l'enterre.
J'écoutais vaguement les paquets de sonnettes pendus au cou des chevaux de poste sonner en cadence et comme par hoquets, les roues ferrées bruire sur le pavé ou cogner la caisse en changeant d'ornière, le galop sonore des gendarmes autour de la carriole, le fouet claquant du postillon.
Tout cela me semblait comme un tourbillon qui m'emportait. A travers le grillage d'un judas percé en face de moi, mes yeux s'étaient fixés machinalement sur l'inscription gravée en grosses lettres au-dessus de la grande porte de Bicêtre : HOSPICE DE LA VIEILLESSE.
-Tiens, me disais-je, il paraît qu'il y a des gens qui vieillissent là. Et, comme on fait entre la veille et le sommeil, je retournais cette idée en tous sens dans mon esprit engourdi de douleur. Tout à coup la carriole, en passant de l'avenue dans la grande route, a changé le point de vue de la lucarne.
Les tours de Notre-Dame sont venues s'y encadrer, bleues et à demi effacées dans la brume de Paris. Sur-lechamp le point de vue de mon esprit a changé aussi. J'étais devenu machine comme la voiture. À l'idée de Bicêtre a succédé l'idée des tours de Notre-Dame. -Ceux qui seront sur la tour où est le drapeau verront bien, me suis-je dit en souriant stupidement.
Je crois que c'est à ce moment-là que le prêtre s'est remis à me parler. Je l'ai laissé dire patiemment. J'avais déjà dans l'oreille le bruit des roues, le galop des chevaux, le fouet du postillon. C'était un bruit de plus.
J'écoutais en silence cette chute de paroles monotones qui assoupissaient ma pensée comme le murmure d'une fontaine, et qui passaient devant moi, toujours diverses et toujours les mêmes, comme les ormeaux tortus de la grande route, lorsque la voix brève et saccadée de l'huissier, placé sur le devant, est venue subitement me secouer.
-Eh bien ! monsieur l'abbé, disait-il avec un accent presque gai, qu'est-ce que vous savez de nouveau ?
C'est vers le prêtre qu'il se retournait en parlant ainsi. L'aumônier, qui me parlait sans relâche, et que la voiture assourdissait, n'a pas répondu.
-Hé ! hé ! a repris l'huissier en haussant la voix pour avoir le dessus sur le bruit des roues ; infernale voiture ! Infernale ! En effet.
Il a continué : -Sans doute, c'est le cahot ; on ne s'entend pas. Qu'est-ce que je voulais donc dire ? Faites-moi le plaisir de m'apprendre ce que je voulais dire, monsieur l'abbé ! -Ah ! savez-vous la grande nouvelle de Paris, aujourd'hui ?
J'ai tressailli, comme s'il parlait de moi. -Non, a dit le prêtre, qui avait enfin entendu, je n'ai pas eu le temps de lire les journaux ce matin. Je verrai cela ce soir. Quand je suis occupé comme cela toute la journée, je recommande au portier de me garder mes journaux, et je les lis en rentrant.
-Bah ! a repris l'huissier, il est impossible que vous ne sachiez pas cela. La nouvelle de Paris ! la nouvelle de ce matin ! J'ai pris la parole : -Je crois la savoir. L'huissier m'a regardé. -Vous ! vraiment ! En ce cas, qu'en dites-vous ? -Vous êtes curieux ! lui ai-je dit. -Pourquoi, monsieur ? a répliqué l'huissier.
Chacun a son opinion politique. Je vous estime trop pour croire que vous n'avez pas la vôtre. Quant à moi, je suis tout à fait d'avis du rétablissement de la garde nationale. J'étais sergent de ma compagnie, et, ma foi, c'était fort agréable. Je l'ai interrompu. -Je ne croyais pas que ce fût de cela qu'il s'agissait. -Et de quoi donc ? Vous disiez savoir la nouvelle... -Je parlais d'une autre, dont Paris s'occupe aussi aujourd'hui. L'imbécile n'a pas compris ; sa curiosité s'est éveillée.
-Une autre nouvelle ? Où diable avez-vous pu apprendre des nouvelles ? Laquelle, de grâce, mon cher monsieur ? Savez-vous ce que c'est, monsieur l'abbé ? Êtes-vous plus au courant que moi ? Mettez-moi au fait, je vous prie. De quoi s'agit-il ? -Voyez-vous, j'aime les nouvelles. Je les conte à monsieur le président, et cela l'amuse.
Et mille billevesées. Il se tournait tour à tour vers le prêtre et vers moi, et je ne répondais qu'en haussant les épaules. -Eh bien ! m'a-t-il dit, à quoi pensez-vous donc ?
-Je pense, ai-je répondu, que je ne penserai plus ce soir. -Ah! c'est cela ! a-t-il répliqué. Allons, vous êtes trop triste ! M. Castaing causait.
Puis, après un silence : -J'ai conduit M. Papavoine ; il avait sa casquette de loutre et fumait
son cigare. Quant aux jeunes gens de La Rochelle, ils ne parlaient qu'entre eux. Mais ils parlaient.
Il a fait encore une pause, et a poursuivi : -Des fous ! des enthousiastes ! Ils avaient l'air de mépriser tout le monde. Pour ce qui est de vous, je vous trouve vraiment bien pensif, jeune homme. -Jeune homme ! lui ai-je dit, je suis plus vieux que vous ; chaque quart d'heure qui s'écoule me vieillit d'une année.
Il s'est retourné, m'a regardé quelques minutes avec un étonnement inepte, puis s'est mis à ricaner lourdement. -Allons, vous voulez rire, plus vieux que moi ! je serais votre grandpère.
-Je ne veux pas rire, lui ai-je répondu gravement.
Il a ouvert sa tabatière. -Tenez, cher monsieur, ne vous fâchez pas ; une prise de tabac, et ne me gardez pas rancune. -N'ayez pas peur ; je n'aurai pas longtemps à vous la garder.
En ce moment sa tabatière, qu'il me tendait, a rencontré le grillage qui nous séparait. Un cahot a fait qu'elle l'a heurté assez violemment et est tombée tout ouverte sous les pieds du gendarme.
-Maudit grillage ! s'est écrié l'huissier.
Il s'est tourné vers moi. -Eh bien ! ne suis-je pas malheureux ? tout mon tabac est perdu ! -Je perds plus que vous, ai-je répondu en souriant. Il a essayé de ramasser son tabac, en grommelant entre ses dents : -Plus que moi ! cela est facile à dire. Pas de tabac jusqu'à Paris ! c'est
terrible !
L'aumônier alors lui a adressé quelques paroles de consolation, et je ne sais si j'étais préoccupé, mais il m'a semblé que c'était la suite de l'exhortation dont j'avais eu le commencement. Peu à peu la conversation s'est engagée entre le prêtre et l'huissier ; je les ai laissés parler de leur côté, et je me suis mis à penser du mien.
En abordant la barrière, j'étais toujours préoccupé sans doute, mais Paris m'a paru faire un plus grand bruit qu'à l'ordinaire.
La voiture s'est arrêtée un moment devant l'octroi. Les douaniers de ville l'ont inspectée. Si c'eût été un mouton ou un boeuf qu'on eût mené à la boucherie, il aurait fallu leur jeter une bourse d'argent ; mais une tête humaine ne paie pas de droit. Nous avons passé.
Le boulevard franchi, la carriole s'est enfoncée au grand trot dans ces vieilles rues tortueuses du faubourg Saint-Marceau et de la Cité, qui serpentent et s'entrecoupent comme les mille chemins d'une fourmilière.
Sur le pavé de ces rues étroites le roulement de la voiture est devenu si bruyant et si rapide que je n'entendais plus rien du bruit extérieur. Quand je jetais les yeux par la petite lucarne carrée, il me semblait que le flot des passants s'arrêtait pour regarder la voiture, et que des bandes d'enfants couraient sur sa trace.
Il m'a semblé aussi voir de temps en temps dans les carrefours çà et là un homme ou une vieille en haillons, quelquefois les deux ensembles, tenant en main une liasse de feuilles imprimées que les passants se disputaient, en ouvrant la bouche comme pour un grand cri.
Huit heures et demie sonnaient à l'horloge du Palais au moment où nous sommes arrivés dans la cour de la Conciergerie. La vue de ce grand escalier, de cette noire chapelle, de ces guichets sinistres, m'a glacé. Quand la voiture s'est arrêtée, j'ai cru que les battements de mon cœur allaient s'arrêter aussi.
J'ai recueilli mes forces ; la porte s'est ouverte avec la rapidité de l'éclair ; j'ai sauté à bas du cachot roulant, et je me suis enfoncé à grands pas sous la voûte entre deux haies de soldats. Il s'était déjà formé une foule sur mon passage.
 

XXII

Nun bin ich also überführt worden, wie es in der Prozessordnung so schön heißt. Die Reise jedoch ist es wert, erzählt zu werden. Die Uhr schlug 7:30 als der Vollstreckungsbeamte wieder auf der Schwelle meines Kerkers erschien.
„Mein Herr“, sagter er zu mir, „ich warte auf Sie“. Nicht nur er! Ich erhob mich, machte einen Schritt. Ich glaubte, keinen zweiten mehr machen zu können, so schwer war mein Kopf, meine Beine schwach.
Ich erholte mich jedoch und schritt, Haltung bewahrend, voran. Bevor ich die Zelle verließ, warf ich noch einen letzten Blick zurück. Ich mochte ihn, meinen Kerker. Dann ließ ich ihn zurück, leer und offen, was einem Kerker ein einzigartiges Aussehen verleiht.
Er wird es wohl nicht lange bleiben. Diesen Abend wird jemand erwartet, sagte die Schließer, einen, den das Gericht just zu dieser Stunde zu einem Verurteilten machen wird. Auf dem Gang schloss sich uns der Gefängnispfarrer an, er hatte gerade gefrühstückt. Beim Verlassen des Kerkers drückte mir der Gefängnisdirektor herzlich die Hand und verstärkte meine Eskorte mit drei Veteranen. Vor der Tür der Krankenstation rief mir ein siechender Greis „Auf Wiedersehen“ zu.
Wir waren auf dem Hof angekommen. Ich atmete durch. Das tat mir gut. Wir waren nicht lange in der frischen Luft marschiert. Eine Kutsche, angeschirrt an zwei Postpferde stand auf dem ersten Hof. Es war dieselbe Kutsche, die mich auch hergebracht hatte, eine Art länglicher Landauer, durch ein quer hindurch gezogenes Gitter aus Eisenstäben, so dicht, dass man hätte meinen können es sei gestrickt worden, in zwei Abteile aufgeteilt.
Beide Abteile hatten eine Tür, eine vorne und die andere im hinteren Teil der Kutsche. Alles so schmutzig, schwarz und faulig, dass der Leichenwagen der Armen im Vergleich dazu ein geweihtes Gefährt ist.
Bevor ich in dieses Grab auf zwei Rädern hineinglitt, warf ich noch einen Blick auf den Hof, einen jener verzweifelten Blicke, die, so schien es mir, die Mauern hätten zum Einsturz bringen müssen. Der Hof, ein kleiner Platz, der mit Bäumen bepflanzt war, war jetzt mit noch mehr Zuschauern angefüllt, als bei den Galeerensträflingen. Schon jetzt die Meute!
Wie an dem Tag, als die Kette sich auf den Weg machte, fiel ein Herbstregen, ein feiner, eisiger Regen, der auch jetzt, in dem Moment in dem ich schreibe fällt, der wohl noch den ganzen Tag fallen lässt, der länger dauern wird, als ich. Die Wege schwer passierbar, der Hof mit Schlamm und Wasser angefüllt. Ich empfand Genugtuung, die Meute in diesem Schlamm zu sehen.
Wir stiegen ein, der Vollstreckungsbeamte und der Gendarm im vorderen Teil, der Priester , ich und ein weiterer Gendarm im hinteren Teil. Vier Gendarme zu Pferd rund um die Kutsche. Das ergab dann, ohne den Kutscher, acht Leute für einen Mann. Während ich einstieg, sah ich eine Greisin mit grauen Augen, die sagte:“ Lieber das, als die Kette.“
Ich begriff. Dies Spektakel war leichter mit einem Blick zu erfassen, ist schneller durchschaut. Es ist genau so schön und bequemer. Nichts, was einen ablenkt. Es gibt nur einen einzigen Menschen und auf diesem einem Menschen ist soviel Unglück versammelt wie auf allen Sträflingen zusammen, nur das es weniger verstreut ist. Das ist ein konzentrierter Likör, sehr viel schmackhafter.
Die Kutsche ruckte, machte eine dumpfen Krach, also sie unter dem Bogen des großen Tores hindurch fuhr , in die große Avenue einfuhr und sich die schweren Torflügel von Bicêtre hinter ihr schlossen. Ich fühlte, geistesabwesend, wie man mich fortnahm, wie ein Mensch, von dem die Lethargie Besitz ergriffen hat, der sich nicht mehr bewegen noch schreien kann, während er fühlt, dass man ihn beerdigt.
Vage vernahm ich die Glocken, die am Hals der Postpferde hingen, in einem Rhythmus, der wie von einem Schluckauf durchsetzt schien läuten, die eisenbeschlagenen Räder auf dem Pflaster summen oder das Pochen der Kiste, wenn die Richtung geändert wurde, den schallenden Galopp der Gendarmen um die Kutsche herum, die knallende Peitsche des Kutschers.
All dies erschien mir wie ein Wirbel, der mit forttrug. Durch das Gitter eines Guckfensters, das mir gegenüber eingebaut war, hatten meine Augen unbewusst eine in großen Buchstaben über dem Haupttor von Bicêtre angebrachte Inschrift erfasst: „Altenhospiz“.
Erstaunlich, sagte ich mir, es scheint, dass es Leute gibt, die dort alt werden. Und wie man zwischen Wachen und Träumen zu tun pflegt, überdachte ich diese Vorstellung in meinem Geiste von allen Seiten. Plötzlich wechselte , als die Kutsche von der großen Avenue auf die Landstraße einbog, die Perspektive der Luke.
Die Türme von Notre-Dame kamen blau und halb im Dunst von Paris verschwommen in ihr Blickfeld. Sofort wandelte ich auch meine Stimmung. Ich wurde zur Maschine, wie die Kutsche auch. Die Vorstellung von Bicêtre wich der Vorstellung von Notre-Dame. Die, die sich jetzt auf dem Turm befinden wo die Fahne ist, werden gut sehen, sagt ich mir mit einem Lächeln.
Ich glaubte es war in diesem Moment als der Priester anfing mit mir zu sprechen. Ich ließ ihn geduldig reden. Im Ohr hatte ich schon den Lärm der Räder, den Galopp der Pferde, die Peitsche de Kutschers. Es war ein Lärm mehr.
Schweigend lauschte ich dieser Kaskade monotoner Wörter, die meinen Geist einschläferten wie das Murmeln einer Fontäne und die an mir vorbeiglitt, immer anders und immer gleich, wie die Schnecken auf der Straße, als mich die kurz angebundene, ruckartig einsetzende Stimme des Vollzugsbeamten mir schüttelte.
„Nun, Herr Kaplan“, sagte er mit einem fast fröhlichen Unterton, was gibt es Neues?“
Seine Worte waren an den Priester gerichtet, während er so sprach. Der Gefängnispfarrer, der unentwegt mit mir sprach und den die Kutsche hat taub werden lassen, antwortete nichts.
„Hey! Hey!“, fing der Vollzugsbeamte wieder an, diesmal mit lauterer Stimme um die Oberhand über den Lärm der Räder zu gewinnen, „schreckliche Kutsche!“ Höllisch! Das traf es. Er fuhr fort. „Ohne Zweifel, eine Gerüttele. Man versteht sich nicht. Was wollte ich sagen? Machen Sie mir die Freude mir zu erzählen, was ich sagen wollte Herr Kaplan! Ah! Kennen Sie die überragende Nachricht aus Paris von heute?“
Ich zitterte, als ob er mit mir spräche. „Nein“, sagte der Priester, der schließlich verstanden hatte, „ich hatte noch nicht die Zeit, die Nachrichten zu lesen diesen Morgen. Ich werde sie heute abend lesen. Wenn ich den ganzen Tag so beschäftigt bin, trage ich dem Portier auf, sie für mich aufzubewahren, ich lese sie dann, wenn ich wieder zu Hause bin. „
„Ach was!“, fing der Vollstreckungsbeamte wieder an, es ist unmöglich, dass sie das nicht wissen. Die Schlagzeile von Paris! Die Nachricht des Tages!“Ich ergriff das Wort: „Ich glaube sie zu kennen.“ Der Vollstreckungsbeamte schaute mich an.
„Sie! Wirklich! In diesem Fall, was ist ihre Meinung diesbezüglich?“
„Sie sind neugierig!“, sagte ich zu ihm.
„Warum?“, erwiderte der Vollzugsbeamte. Jeder hat seine Meinung zur Politik. Ich achte Sie zu sehr, um nicht zu glauben, dass Sie auch eine haben. Was mich angeht, so bin ich mit der Wiedereinführung der Nationalgarde vollkommen einverstanden. Ich war Sergeant in meiner Kompagnie, und das war schon sehr angenehm.“ Ich unterbrach ihn.
„Ich glaubte nicht, dass es sich darum handelte.“
„Um was denn sonst? Sie sagten doch, dass sie auf dem Laufenden seien.“ Der Trottel verstand nicht, seine Neugierde war erwacht.
„Eine andere Neuigkeit? Wo zum Teufel können Sie von einer anderen Nachricht erfahren haben? Welche, bitte, mein Herr? Wissen Sie etwas darüber Herr Kaplan? Sind sie besser informiert als ich? Sagen Sie mir, was los ist, ich bitte Sie. Um was handelt es sich. Sie sehen doch, ich liebe Nachrichten, erzähle sie dem Herrn Präsident und das gefällt ihm.“
Und tausende von Hirngespinsten dieser Art. Er wendete sich abwechseln an den Priester und an mich. Ich antwortete nur mit einem Zucken der Schultern.
„Nun also!“, sagte er zu mir, „an was denken Sie?“
„Ich denke“, antwortet ich ihm, „dass ich heute Abend nicht mehr denke“. „Ah! Darum dreht es sich!“, antwortete er. „Sie sind zu traurig! Ma Castaing redete nur vor sich hin.“ Dann, nach einer Pause, fuhr er fort.
„Ich begleitete M.Papavoine. Er trug seine Pelzmütze und rauchte eine Zigarre. Was die jungen Leute von La Rochelle anging, sie sprachen nur miteinander, aber sie sprachen.“
Dann machte er eine Pause und fuhr fort.
„Verrückte! Enthousiasten! Sie machten den Eindruck, als ob sie die ganze Welt verachten würden. Was sie angeht, so finde ich sie sehr nachdenklich, junger Mann.“ "Junger Mann!", antwortete ich ihm. Ich bin älter als Sie. Jede viertel Stunde die verstreicht, lässt mich um ein Jahr altern.
Er drehte sich um, betrachtete mich einige Minuten mit einer albernen Art von Überraschung, und fing dann an dröhnend zu lachen. „Sie wollen sich wohl lustig machen, älter als ich! Ich könnte ihr Großvater sein.“
„Ich will nicht lachen“, antwortete ich ihm ernst.
Er öffnete seine Tabaketui.
„Nehmen Sie mein Herr, ärgern Sie sich nicht. Eine Prise Tabak, und seien Sie mir nicht böse.“
„Haben sie keine Angst, ich habe nicht allzuviel Zeit, Ihnen böse zu sein.“
In diesem Moment stieß das Tabaketui, das er mir hinhielt, gegen das Gitter das uns trennte. Eine Ruckeln hatte bewirkt, dass sie heftig dagegen gestoßen war und geöffnet unter die Füße des Gendarmen gefallen ist.
„Verfluchtes Gitter!“, schrie der Vollstreckungsbeamte.
Er wandte sich an mich.
„Bin ich nicht vom Pech verfolgt? Mein ganzer Tabak ist verloren!“
„Ich verliere mehr als Sie“, antwortete ich ihm lächelnd
Er versuchte, seinen Tabak zusammenzusammeln, etwas in seinen Bart hineinbrummelnd.
„Mehr als ich! Das ist leicht dahin gesagt! Kein Tabak bis nach Paris! Das ist schrecklich!“
Der Priester wandte sich mit ein paar tröstlichen Worten an ihn, und ich weiß nicht, ob ich beschäftigt war, aber es schien mir, als ob es die Fortsetzung des Ermahnungen wäre, deren Anfang ich bereits kannte. Allmählich entspann sich ein Gespräch zwischen dem Priester und dem Vollstreckungsbeamten. Ich ließ sie reden und folgte meinen eigenen Gedanken.
Als wir an der Schranke ankamen, war ich ohne Zweifel immer noch besorgt, aber Paris schien mir mehr Krach als gewöhnlich zu machen.
Die Kutsche hielt einen Moment am Zollhäuschen. Die Zöllner der Stadt begutachteten sie. Wäre es ein Schaf gewesen oder ein Ochse, die man zum Schlachthof fährt, hätte man ihnen einen Beutel mit Geld hinwerfen müssen, aber für einen menschlichen Kopf muss man keinen Zoll bezahlen. Wir passierten.
Nach dem der Boulevard überwunden war, bog die Kutsche im Trab in die alten, mühsamen Straßen des Faubourg Saint-Marceau ein und der Cité ein, die sich wie die tausend Straßen eines Ameisenhaufens schlängeln und überschneiden.
Auf dem Pflaster dieser engen Straßen wurde der von den rollenden Rädern verursachte Krach so laut und schnell, dass ich von dem Lärm außen nichts mehr vernahm. Als ich durch die kleine viereckige Luke hindurchsah, erschien es mir, dass der Strom der Passanten innehielt, um die Kutsche zu betrachten und dass Banden von Kindern seiner Spur folgten.
Ich glaubte auch von Zeit zu Zeit in den Kreuzungen einen Mann oder eine alte Frau in Lumpen zu sehen, manchmal auch beide zusammen, die ein Bündel bedruckter Papiere in den Händen hielten, um die sich die Passanten, mit offenem Mund, wie als ob sie schreien würden, rissen.
Die Palast Uhr schlug 8:30 Uhr, als wir in der Conciergerie ankamen. Der Anblick dieser großen Treppe, dieser schwarzen Kapelle, dieser unheilversprechenden Schalter ließ mich zu Eis erstarren. Als die Kutsche anhielt, glaubt ich, dass das Pochen meines Herzens sofort aufhören würde.
Ich nahm alle meine Kräfte zusammen. Die Tür öffnete sich mit der Geschwindigkeit eines Blitzes. Ich sprang aus dem rollenden Verlies und begab mich mit großen Schritten zwischen zwei Reihen von Soldaten unter die Wölbung. Schon hatte sich eine Menge auf meinem Weg gebildet.


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Kurzgeschichte Roman: Victor Hugo

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