Geschichte 1
Kurzgeschichte Roman: Alphonse Daudet

didaktischer Ansatz: Es handelt sich um einen anspruchsvolleren Text. Sie erreichen einen dramatischen Lerneffekt, wenn Sie mit der Datei folgendermaßen umgehen. Vorausgesetzt wird ein passives Verständnis (lesend / hörend) des im Teil Grammatik Diskutierten. Ein aktives Verständnis (schreibend / sprechend) des dort Gesagten ist nicht nötig. Wenn Ihnen nicht klar ist was gemeint ist, folgen Sie dem Link und lesen das im Abschnitt Grammatik Dargestellte durch. Arbeiten Sie jetzt diese Geschichte durch, machen Sie sich anhand der deutschen Übersetzung die Bedeutung klar, lernen Sie die Wörter. Ziehen Sie dann die ganze Datei herunter (9 MB). Es handelt sich um 1 mp3 Datei als zip/rar gepackt, Sie können dann die zip/rar-Datei entpacken und alle mp3 Dateien in einen mp3 Player ziehen oder auf eine CD kopieren, sie sind dann auf jedem mp3 fähigen Abspielgerät oder modernen CD Player lauffähig.

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Le Secret de maître Cornille

Francet Mamaï, un vieux joueur de fifre, qui vient de temps en temps faire la veillée chez moi, en buvant du vin cuit, m’a raconté l’autre soir un petit drame de village dont mon moulin a été témoin il y a quelque vingt ans. Le récit du bonhomme m’a touché, et je vais essayer de vous le redire tel que je l’ai entendu.
Imaginez-vous pour un moment, chers lecteurs, que vous êtes assis devant un pot de vin tout parfumé, et que c’est un vieux joueur de fifre qui vous parle.
Notre pays, mon bon monsieur, n’a pas toujours été un endroit mort et sans renom, comme il est aujourd’hui. Autre temps, il s’y faisait un grand commerce de meunerie, et, dix lieues à la ronde, les gens des mas nous apportaient leur blé à moudre... Tout autour du village, les collines étaient couvertes de moulins à vent. De droite et de gauche on ne voyait que des ailes qui viraient au mistral par-dessus les pins, des ribambelles de petits ânes chargés de sacs, montant et dévalant le long des chemins ; et toute la semaine c’était plaisir d’entendre sur la hauteur le bruit des fouets, le craquement de la toile et le Dia hue ! des aides-meuniers... Le dimanche nous allions aux moulins, par bandes. Là-haut, les meuniers payaient le muscat. Les meunières étaient belles comme des reines, avec leurs fichus de dentelles et leurs croix d’or. Moi, j’apportais mon fifre, et jusqu’à la noire nuit on dansait des farandoles. Ces moulins-là, voyez-vous, faisaient la joie et la richesse de notre pays.
Malheureusement, des Français de Paris eurent l’idée d’établir une minoterie à vapeur, sur la route de Tarascon. Tout beau, tout nouveau ! Les gens prirent l’habitude d’envoyer leurs blés aux minotiers, et les pauvres moulins à vent restèrent sans ouvrage. Pendant quelque temps ils essayèrent de lutter, mais la vapeur fut la plus forte, et l’un après l’autre, pécaïre ! ils furent tous obligés de fermer... On ne vit plus venir les petits ânes... Les belles meunières vendirent leurs croix d’or... Plus de muscat ! plus de farandole !... Le mistral avait beau souffler, les ailes restaient immobiles... Puis, un beau jour, la commune fit jeter toutes ces masures à bas, et l’on sema à leur place de la vigne et des oliviers.
Pourtant, au milieu de la débâcle, un moulin avait tenu bon et continuait de virer courageusement sur sa butte, à la barbe des minotiers. C’était le moulin de maître Cornille, celui-là même où nous sommes en train de faire la veillée en ce moment.

Maître Cornille était un vieux meunier, vivant depuis soixante ans dans la farine et enragé pour son état. L’installation des minoteries l’avait rendu comme fou. Pendant huit jours, on le vit courir par le village, ameutant le monde autour de lui et criant de toutes ses forces qu’on voulait empoisonner la Provence avec la farine des minotiers. «N’allez pas là-bas, disait-il ; ces brigands-là, pour faire le pain, se servent de la vapeur, qui est une invention du diable, tandis que moi je travaille avec le mistral et la tramontane, qui sont la respiration du bon Dieu...» Et il trouvait comme cela une foule de belles paroles à la louange des moulins à vent, mais personne ne les écoutait.
Alors, de male rage, le vieux s’enferma dans son moulin et vécut tout seul comme une bête farouche. Il ne voulut pas même garder près de lui sa petite-fille Vivette, une enfant de quinze ans, qui, depuis la mort de ses parents, n’avait plus que son grand au monde. La pauvre petite fut obligée de gagner sa vie et de se louer un peu partout dans les mas, pour la moisson, les magnans ou les olivades. Et pourtant son grand-père avait l’air de bien l’aimer, cette enfant-là. Il lui arrivait souvent de faire ses quatre lieues à pied par le grand soleil pour aller la voir au mas où elle travaillait, et quand il était près d’elle, il passait des heures entières à la regarder en pleurant...
Dans le pays on pensait que le vieux meunier, en renvoyant Vivette avait agi par avarice ; et cela ne lui faisait pas honneur de laisser sa petite-fille ainsi traîner d’une ferme à l’autre, exposée aux brutalités des baïles et à toutes les misères des jeunesses en condition. On trouvait très mal aussi qu’un homme du renom de maître Cornille, et qui, jusque-là, s’était respecté, s’en allât maintenant par les rues comme un vrai bohémien, pieds nus, le bonnet troué, la taillole en lambeaux... Le fait est que le dimanche, lorsque nous le voyions entrer à la messe, nous avions honte pour lui, nous autres les vieux ; et Cornille le sentait si bien qu’il n’osait plus venir s’asseoir sur le banc d’œuvre. Toujours il restait au fond de l’église, près du bénitier, avec les pauvres.
Dans la vie de maître Cornille il y avait quelque chose qui n’était pas clair. Depuis longtemps personne, au village, ne lui portait plus de blé, et pourtant les ailes de son moulin allaient toujours leur train comme devant... Le soir, on rencontrait par les chemins le vieux meunier poussant devant lui son âne chargé de gros sacs de farine.
— Bonnes vêpres, maître Cornille ! lui criaient les paysans ; ça va donc toujours, la meunerie.
— Toujours, mes enfants, répondait le vieux d’un air gaillard. Dieu merci, ce n’est pas l’ouvrage qui nous manque.
Alors, si on lui demandait d’où diable pouvait venir tant d’ouvrage, il se mettait un doigt sur les lèvres et répondait gravement : «Motus ! je travaille pour l’exportation...» Jamais on n’en put tirer davantage.
Quant à mettre le nez dans son moulin, il n’y fallait pas songer. La petite Vivette elle-même n’y entrait pas...
Lorsqu’on passait devant, on voyait la porte toujours fermée, les grosses ailes toujours en mouvement, le vieil âne broutant le gazon de la plate-forme, et un grand chat maigre qui prenait le soleil sur le rebord de la fenêtre et vous regardait d’un air méchant.
Tout cela sentait le mystère et faisait beaucoup jaser le monde. Chacun expliquait de sa façon le secret de maître Cornille, mais le bruit général était qu’il y avait dans ce moulin-là encore plus de sacs d’écus que de sacs de farine.

À la longue pourtant tout se découvrit ; voici comment :
En faisant danser la jeunesse avec mon fifre, je m’aperçus un beau jour que l’aîné de mes garçons et la petite Vivette s’étaient rendus amoureux l’un de l’autre. Au fond je n’en fus pas fâché, parce qu’après tout le nom de Cornille était en honneur chez nous, et puis ce joli petit passereau de Vivette m’aurait fait plaisir à voir trotter dans ma maison. Seulement, comme nos amoureux avaient souvent occasion d’être ensemble, je voulus, de peur d’accidents, régler l’affaire tout de suite, et je montai jusqu’au moulin pour en toucher deux mots au grand-père... Ah ! le vieux sorcier ! il faut voir de quelle manière il me reçut ! Impossible de lui faire ouvrir sa porte. Je lui expliquai mes raisons tant bien que mal, à travers le trou de la serrure ; et tout le temps que je parlais, il y avait ce coquin de chat maigre qui soufflait comme un diable au-dessus de ma tête.
Le vieux ne me donna pas le temps de finir, et me cria fort malhonnêtement de retourner à ma flûte ; que, si j’étais pressé de marier mon garçon, je pouvais bien aller chercher des filles à la minoterie... Pensez que le sang me montait d’entendre ces mauvaises paroles ; mais j’eus tout de même assez de sagesse pour me contenir, et, laissant ce vieux fou à sa meule, je revins annoncer aux enfants ma déconvenue... Ces pauvres agneaux ne pouvaient pas y croire ; ils me demandèrent comme une grâce de monter tous deux ensemble au moulin, pour parler au grand-père... Je n’eus pas le courage de refuser, et prrrt ! voilà mes amoureux partis. Tout juste comme ils arrivaient là-haut, maître Cornille venait de sortir. La porte était fermée à double tour ; mais le vieux bonhomme, en partant, avait laissé son échelle dehors, et tout de suite l’idée vint aux enfants d’entrer par la fenêtre, voir un peu ce qu’il y avait dans ce fameux moulin...
Chose singulière ! la chambre de la meule était vide... Pas un sac, pas un grain de blé ; pas la moindre farine aux murs ni sur les toiles d’araignée... On ne sentait pas même cette bonne odeur chaude de froment écrasé qui embaume dans les moulins... L’arbre de couche était couvert de poussière, et le grand chat maigre dormait dessus.
La pièce du bas avait le même air de misère et d’abandon : — un mauvais lit, quelques guenilles, un morceau de pain sur une marche d’escalier, et puis dans un coin trois ou quatre sacs crevés d’où coulaient des gravats et de la terre blanche.
C’était là le secret de maître Cornille ! C’était ce plâtras qu’il promenait le soir par les routes, pour sauver l’honneur du moulin et faire croire qu’on y faisait de la farine... Pauvre moulin ! Pauvre Cornille ! Depuis longtemps les minotiers leur avaient enlevé leur dernière pratique. Les ailes viraient toujours, mais la meule tournait à vide.
Les enfants revinrent tout en larmes, me conter ce qu’ils avaient vu. J’eus le cœur crevé de les entendre... Sans perdre une minute, je courus chez les voisins, je leur dis la chose en deux mots, et nous convînmes qu’il fallait, sur l’heure, porter au moulin Cornille tout ce qu’il y avait de froment dans les maisons... Sitôt dit, sitôt fait. Tout le village se met en route, et nous arrivons là-haut avec une procession d’ânes chargés de blé, — du vrai blé, celui-là ! Le moulin était grand ouvert... Devant la porte, maître Cornille, assis sur un sac de plâtre, pleurait, la tête dans ses mains. Il venait de s’apercevoir, en rentrant, que pendant son absence on avait pénétré chez lui et surpris son triste secret.
— Pauvre de moi ! disait-il. Maintenant, je n’ai plus qu’à mourir... Le moulin est déshonoré.
Et il sanglotait à fendre l’âme, appelant son moulin par toutes sortes de noms, lui parlant comme à une personne véritable. À ce moment, les ânes arrivent sur la plate-forme, et nous nous mettons tous à crier bien fort comme au beau temps des meuniers :
— Ohé ! du moulin !... Ohé ! maître Cornille !
Et voilà les sacs qui s’entassent devant la porte et le beau grain roux qui se répand par terre, de tous cotés...
Maître Cornille ouvrait de grands yeux. Il avait pris du blé dans le creux de sa vieille main et il disait, riant et pleurant à la fois :
— C’est du blé !... Seigneur Dieu !... Du bon blé !... Laissez-moi, que je le regarde.
Puis, se tournant vers nous :
— Ah ! je savais bien que vous me reviendriez... Tous ces minotiers sont des voleurs.
Nous voulions l’emporter en triomphe au village :
— Non, non, mes enfants ; il faut avant tout que j’aille donner à manger à mon moulin... Pensez donc ! il y a si longtemps qu’il ne s’est rien mis sous la dent !
Et nous avions tous des larmes dans les yeux de voir le pauvre vieux se démener de droite et de gauche, éventrant les sacs, surveillant la meule, tandis que le grain s’écrasait et que la fine poussière de froment s’envolait au plafond.
C’est une justice à nous rendre : à partir de ce jour-là, jamais nous ne laissâmes le vieux meunier manquer d’ouvrage. Puis, un matin, maître Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cessèrent de virer, pour toujours cette fois... Cornille mort, personne ne prit sa suite. Que voulez-vous, monsieur !... tout a une fin en ce monde, et il faut croire que le temps des moulins à vent était passé comme celui des coches sur le Rhône, des parlements et des jaquettes à grandes fleurs.

 

Meister Cornilles Geheimnis.

Francet Mamaï, der alte Querpfeifer, der zuweilen den Abend bei einem Glase Glühwein mit mir verlebt, hat mir neulich ein kleines Dorfdrama erzählt, das sich vor einigen zwanzig Jahren auf meiner Windmühle abgespielt hat. Die Geschichte des guten Kerls hat mich gerührt und ich will versuchen, sie so wieder zu erzählen, wie ich sie gehört habe.
Denke dir also, lieber Leser, für einen Augenblick, daß du vor einer Bowle mit gewürztem Wein sitzest und daß es ein alter Querpfeifer ist, der dir erzählt.
Unser Ort, mein lieber Herr, ist nicht immer so tot und ruhmlos gewesen wie heute. Sonst blühte darin der Handel mit Mühlenprodukten und zehn Stunden in der Runde brachten uns die Leute von den Meierhöfen ihr Getreide zum Mahlen . . . . Rings um das Dorf waren alle Hügel mit Windmühlen besetzt. Zur Rechten und zur Linken sah man nur Windmühlenflügel, die im Nordostwind sich drehten und über die Tannen weg in das Thal blickten, ganze Herden kleiner, mit Säcken beladener Esel, welche auf den Wegen bergauf und bergab stiegen, und die ganze Woche hindurch hatte man das Vergnügen, oben auf der Höhe das Knallen der Peitschen, das Sausen der Flügel und die Rufe der Müllergehilfen zu hören . . . . Sonntags gingen wir in ganzen Banden zu den Mühlen hinauf. Oben bezahlten die Müller den Muskatwein. Die Müllerinnen in ihren Spitzentüchern, mit ihren Goldkreuzen waren schön wie die Königinnen. Ich, ich brachte meine Querpfeife mit und bis in die dunkle Nacht hinein tanzte man Farandolen. Sehen Sie, diese Mühlen waren die Freude und der Reichtum unseres Dorfes.
Unglücklicherweise hatten die Pariser die Idee, auf dem Wege nach Tarascon eine Dampfmühle anzulegen. Was neu ist, gefällt. Die Leute gewöhnten sich daran, ihr Getreide zur Dampfmühle zu bringen und die armen Windmühlen hatten nichts mehr zu thun. Eine Zeitlang suchten sie dagegen anzukämpfen, allein der Dampf war stärker als sie und eine nach der andern, Gott sei es geklagt, mußten sie alle zuschließen . . . . Man sah nicht mehr die kleinen Esel ankommen . . . . Die schönen Müllerinnen verkauften ihre goldenen Kreuze . . . Es gab keinen Muskatwein, keine Farandolen mehr! Der Nordostwind hatte gut blasen, die Flügel drehten sich nicht . . . Dann eines schönen Tags ließ die Gemeinde alle diese Mauern niederreißen und wo sie gestanden hatten, pflanzte man Weinreben und Olivenbäume.
Eine Mühle hatte jedoch mitten in der Niederlage ausgehalten und fuhr fort, auf ihrem Hügel mutig ihre Flügel vor der Nase der Dampfmüller zu drehen. Es war Meister Cornilles Mühle, dieselbe, wo wir jetzt bei einander sitzen.

Meister Cornille war ein alter Müller, der seit sechzig Jahren im Mehle lebte und webte und für sein Handwerk begeistert war. Die Gründung der Dampfmühle hatte ihn fast toll gemacht. Acht Tage lang sah man ihn durch das Dorf laufen, alle Leute aufwiegeln und mit aller Kraft seiner Lunge in die Welt hinausschreien, man wolle die Provence mit dem Mehle der Dampfmühle vergiften. »Geht nicht da hinunter, sagte er; um Brot zu machen benutzen diese Räuber den Dampf, der eine Erfindung des Teufels ist, während ich mit dem Winde arbeite, der der Odem des lieben Gottes ist . . .« Und so fand er eine Masse schöner Worte zum Lobe der Windmühlen, aber niemand hörte auf sie.
Da erfaßte den Alten die Wut, er schloß sich in seine Mühle ein und lebte allein wie ein wildes Tier. Selbst seine Enkelin Vivette, ein Kind von fünfzehn Jahren, die seit dem Tode ihrer Eltern niemand auf der Welt hatte, als ihren Großvater, wollte er nicht bei sich behalten. Die arme Kleine war genötigt ihren Lebensunterhalt selbst zu gewinnen, indem sie sich auf den Meierhöfen umher bald für die Getreideernte, bald für die Seidenraupen oder für die Olivenernte vermietete. Und doch schien der Großvater sie lieb zu haben, das arme Kind. Denn nicht selten geschah es, daß er in der größten Sonnenglut zu Fuß seine vier Stunden weit ging, um sie auf dem Meierhofe, wo sie eben arbeitete, aufzusuchen und wenn er bei ihr war, so brachte er ganze Stunden damit zu, sie anzusehen und zu weinen . . .
Jedermann glaubte bei uns, daß der alte Müller die arme Vivette aus Geiz fortgeschickt habe und es brachte ihm wahrlich keine Ehre, daß er seine Enkelin so von einem Gute zum andern wandern ließ, den Roheiten der Pächter und all dem Elend ausgesetzt, dem junge Dienstmädchen so schwer zu entgehen vermögen. Auch fand man es sehr schlecht, daß ein Mann von dem Rufe des Meister Cornille, der bisher immer etwas auf sich gehalten hatte, jetzt wie ein wahrer Zigeuner durch die Straßen ging, mit nackten Füßen, durchlöcherter Mütze und zerfetztem Rocke . . . Thatsache ist, daß wir andern Alten Sonntags uns seiner schämten, wenn wir ihn in die Kirche treten sahen und Cornille fühlte das sehr wohl, denn er wagte es nicht mehr sich unter uns zu setzen. Stets blieb er im Hintergrunde der Kirche in der Nähe des Weihkessels bei den Armen.
Über das Leben Meister Cornilles war ein Schleier gebreitet, den man nicht zu durchschauen vermochte. Seit langer Zeit brachte ihm niemand aus dem Dorfe mehr Getreide und gleichwohl drehten sich die Flügel seiner Mühle beständig wie früher . . . Abends traf man auf der oder jener Straße den alten Müller, der seinen mit vollen Mehlsäcken beladenen Esel vor sich her trieb.
»Guten Abend, Meister Cornille!« riefen ihm die Bauern zu; »es geht also noch immer mit der Müllerei?«
»Versteht sich, noch immer, meine Kinder,« antwortete er mit lustiger Miene. »Gott sei Dank, an Arbeit fehlt es nicht.«
Und wenn man ihn dann fragte, wer zum Teufel ihm so viel zu thun gäbe, da legte er den Finger auf die Lippen und antwortete geheimnisvoll: »Still! ich arbeite für den Export . . .« Mehr konnte man nie aus ihm heraus kriegen.
Die Nase in seine Mühle zu stecken, daran war gar nicht zu denken. Selbst die kleine Vivette durfte nicht hinein . . . .
Kam man vorüber, so sah man stets die Thür verschlossen, die schweren Flügel stets in Bewegung, den alten Esel das Gras um die Mühle herum abweidend und eine große magere Katze, die sich auf dem Fensterbrette sonnte und den vorübergehenden einen boshaften Blick zuwarf.
Das alles erschien sehr geheimnisvoll und wurde natürlich viel besprochen. Jeder erklärte das Geheimnis Meister Cornilles auf seine Weise, im allgemeinen aber war man der Ansicht, daß in der Mühle da noch mehr Säcke voll Thaler, als Säcke voll Mehl steckten.

Zuletzt aber kam man hinter die ganze Geschichte und das ging so zu:
Eines schönen Tages, als ich auf meiner Querpfeife der Jugend zum Tanz aufspielte, bemerkte ich, daß der älteste von meinen Jungen und die kleine Vivette sich ineinander verliebt hatten. Im Grunde war ich nicht böse darüber, denn trotz alledem stand der Name Cornille bei uns in Achtung und den kleinen niedlichen Sperling, die Vivette, in meinem Hause herumtrippeln zu sehen, würde mir großes Vergnügen gemacht haben. Nur wollte ich, da die beiden Liebesleute oft Gelegenheit hatten zusammenzukommen, aus Furcht vor etwaigen Folgen die Sache gleich in Ordnung bringen und so stieg ich denn zur Mühle hinauf, um ein Paar Worte mit dem Großvater zu sprechen . . . O der alte Hexenmeister! Wie mich der Grobian empfing! Nichts vermochte ihn die Thüre zu öffnen. So gut es eben ging, suchte ich ihm die Sache durch das Schlüsselloch klar zu machen und da lag, so lange ich sprach, gerade über mir das nichtswürdige Vieh, die magere Katze und fauchte mich an wie ein Teufel.
Der Alte ließ mich gar nicht zu Ende kommen und schrie mir zu, ich solle lieber nach Hause gehen zu meiner Querpfeife und wenn ich es so eilig hätte, meinen Jungen zu verheiraten, so könnte ich ja eine Frau für ihn von der Dampfmühle holen . . . Natürlich stieg mir bei diesen Grobheiten das Blut nach dem Kopfe, doch war ich klug genug mich zusammenzunehmen Ich ließ den alten Narren in seiner Mühle und ging zu den Kindern um ihnen mitzuteilen, wie es mir ergangen war . . . Die armen Lämmer konnten gar nicht daran glauben und baten mich als besondere Gunst um die Erlaubnis, zusammen in die Mühle hinaufsteigen zu dürfen, um mit dem Großvater zu sprechen . . . Ich hatte nicht den Mut, es ihnen abzuschlagen und prr! da war das Pärchen schon auf und davon.
Gerade als sie oben ankamen, hatte Meister Cornille die Mühle verlassen. Die Thür war doppelt verschlossen, aber beim Weggehen hatte der alte Kerl seine Leiter draußen gelassen und sofort kam den Kindern der Gedanke, durch das Fenster einzusteigen und sich in der verrufenen Mühle ein wenig umzusehen . . . .
Sonderbar! Die Mühle war vollkommen leer . . . . Nicht ein Sack; nicht ein einziges Korn Getreide; nicht der geringste Mehlstaub an den Wänden oder auf den Spinnengeweben . . . . Selbst von dem würzigen Geruch nach zerquetschtem Getreide, welcher sonst die Mühlen durchzieht, war nichts zu spüren . . . Der Wellbaum war mit Staub bedeckt und die große dürre Katze lag auf ihm und schlief.
Unten in der Mühle sah es gerade so erbärmlich aus: – ein schlechtes Bett, ein Paar Lumpen, ein Stückchen Brot auf einer Stufe der Treppe und dann in einem Winkel drei oder vier zerplatzte Säcke, aus denen Schutt und weiße Erde zum Boden gefallen waren.
Das war das Geheimnis des Meister Cornille! Diesen Schutt, diesen Gips führte er abends auf der Straße spazieren, um die Ehre der Mühle zu retten und die Welt glauben zu machen, daß man darin noch immer Mehl mahle . . . . Arme Mühle! Armer Cornille! Schon längst hatte die Dampfmühle ihnen die letzte Kundschaft genommen. Die Flügel drehten sich beständig, aber die Mühle ging leer.
Ganz in Thränen kamen die Kinder zurück und erzählten nur, was sie gesehen hatten. Mir wollte das Herz brechen . . . Ohne einen Augenblick zu verlieren lief ich zu den Nachbarn, teilte ihnen die Sache in einem Paar Worten mit und wir beschlossen, sofort alles Getreide, was wir auftreiben konnten, hinauf in Cornilles Mühle zu schaffen. Gedacht, gethan! . . . Das ganze Dorf machte sich auf den Weg, in Prozession kamen wir oben an mit einer langen Reihe von Eseln, mit Getreide beladen, – diesmal mit wirklichem Getreide!
Die Mühle stand weit offen . . . Vor der Thüre saß Meister Cornille auf einem Sack voll Gips und weinte, den Kopf in seinen Händen verborgen. Bei seiner Rückkehr hatte er bemerkt, daß man während seiner Abwesenheit in die Mühle eingedrungen war und sein trauriges Geheimnis entdeckt hatte.
»Ach! ich armer Mann!« sagte er. »Nun bleibt mir weiter nichts übrig, als zu sterben . . . Die Mühle ist entehrt.«
Und er schluchzte, daß es einem das Herz zerschnitt, nannte seine Mühle mit allen möglichen Kosenamen und sprach zu ihr wie zu einem lebenden Wesen.
In diesem Augenblick kamen die Esel oben bei der Mühle an und wir alle fingen mit starker Stimme wie zur guten Zeit der Windmüller an zu schreien:
»Holla! zu mahlen! . . . Holla! Meister Cornille!«
Und die Säcke häuften sich vor der Thüre auf und hier und da, von allen Seiten, rollte das schöne braunrote Getreide zur Erde . . . .
Meister Cornille machte große Augen. Er hatte von dem Getreide in seine hohle Hand genommen und sagte unter Lachen und Weinen:
»Getreide! . . . Guter Gott! . . . Wirkliches Getreide! . . . Laßt mich, daß ich mir's genau betrachte!«
Dann wendete er sich zu uns:
»Ah! Ich wußte wohl, daß ihr wieder zu mir kommen würdet . . . Alle die Dampfmüller sind Spitzbuben.«
Wir wollten ihn in Triumph in das Dorf tragen:
»Nein, nein, Kinder; erst muß ich meiner Mühle zu essen geben . . . Denkt doch nur, wie lang es her ist, daß sie nichts zwischen den Zähnen gehabt hat!«
Und wir hatten alle Thränen in den Augen, wie wir den armen Alten nach rechts und nach links sich abarbeiten sahen, bald die Säcke leerend, bald die Mühle überwachend, während das Getreide zwischen den Steinen zermalmt wurde und der feine Staub des Mehls bis zur Decke emporflog.
Man muß uns die Gerechtigkeit widerfahren lassen: von jenem Tage an ließen wir es dem alten Müller nie an Arbeit fehlen. Dann, eines schönen Morgens starb Meister Cornille und die Flügel unserer letzten Windmühle hörten auf sich zu drehen, dieses Mal für immer . . . . Es fand sich für Cornille kein Nachfolger. Was wollen Sie, mein Herr! . . . Alles hat auf dieser Welt ein Ende und man muß eben annehmen, daß die Zeit der Windmühlen vorbei war, wie die der Parlamente und der großblumigen Bauernjacken.


Geschichte 1
Kurzgeschichte Roman: Alphonse Daudet

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